Mercredi 31 décembre 2008
Ca fait longtemps que ce courrier traîne dans ma tête. Je voudrais laisser une trace, vous expliquer, pour
qu’un jour vous sachiez et compreniez.
Vous aviez 5 ans et demi et presque 3 ans au moment des faits. Maman est partie. Un peu jeune pour
comprendre.
Malgré les conflits inhérents à la situation, nous avons essayé de vous épargner. Je pense que nous y sommes
parvenu, vous n’en avez pas trop souffert. Vous avez toujours été notre priorité et du haut de vos 3 pommes, vous avez su tirer parti et accepter la situation.
Les jours passent, les mois, les années. Après 2 ans de recul, vous en êtes arrivé maintenant à ce que la
seule chose qui vous pèse soit les trajets interminables.
Pour le reste, vous respirez la joie de vivre. Vous êtes un bonheur au quotidien, une admiration pour les
yeux, un ravissement pour l’esprit.
Vous avez bien sûr vos petits travers. Toi Elisa, parfois un peu trop timide et renfermée, angoissée face à
l’inconnu. Toi Cyril, notre conflit permanent autour de ton assiette… Et puis vos manigances de canailles, ligués contre moi, à 2 contre 1, à traîner, rire et courir, perdu dans votre insouciance
enfantine.
Mais c’est bien peu face aux marques d’amour que vous me témoignez. Elisa par ta présence, tes regards, tes
cachotteries et tes blagues héréditaires. Cyril, par ton éternel « tu sais toi t’es beau » scandé à toute heure du jour… ou de la nuit ! Par les 5 bisous du soirs, et les câlins
d’avant dodo. Et puis votre présence, la place que vous occupez dans ma vie et dans mon cœur, inéluctablement. Le actes aussi : quand vous courez vers moi lorsque je vais vous chercher à
l’école, toutes vos petites attentions, les efforts pour « faire plaisir à papa », comme vous le dites si bien. Autant de bonheur…
Malgré les épreuves, malgré ce temps qui passe, vite, si vite, trop vite, j’ai vraiment cette impression de
sérénité en votre présence.
Lorsque durant ces longues soirées d’été, je m’arrête, discrètement immobile dans un coin de la cour, et que
je vous observe jouer à votre insu, j’ai cette fierté de père accompli qui m’envahit. Le plaisir de vous voir grandir tous les jours, épanouis. Vous êtes si beaux, tellement gentils,
complémentaires.
Ca n’est pourtant pas tous les jours faciles. La face cachée, celle que vous ne connaissez pas. La réalité
du quotidien, les timings parfois un peu serrés, le stress… Les cris qui parfois se perdent sans fondement. Les soirées, seul avec mon gros cœur, parce que je vous ai grondé, ou que je vous
impose un rythme d’adulte alors que vous n’êtes que de enfants.
Cet éternel temps qui file. Avoir le luxe de le prendre alors qu’il y a tant de choses à faire. C’est
toujours un éternel regret. Mais je crois qu’il est celui de bien des parents, qui un jour se retournent en se disant que hier encore… Et nous voilà déjà aujourd’hui !
Alors je profite à ma façon, même si je n’ai pas beaucoup la patience nécessaire, préférant vaquer à
l’utile.
Je vous regarde souvent, plus que vous ne le pensez, beaucoup plus que vous ne le voyez.
Je pense à vous, tout le temps.
Je vous aime et vous protège…
Papa