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Depuis ce 23 mars 2006, il est partie de moi,

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livre ouvert sur ma vie et mon esprit.

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Mercredi 31 décembre 2008

La séance est terminée. Un film glauque. Un film qui angoisse… Une fin qui n’en est pas une. Il y aura une suite, c’est certain.

Les lumières tamisées se sont rallumées. J’ai attendu en vain qu’elle me prenne la main. Mais son visage y est encore blotti, terrée dans ses peurs.

Je ne me lève pas. Je la regarde, de loin, sans mots dire, mais je la regarde. J’essaye de comprendre ce qui l’empêche de reprendre pied dans la réalité. La vie, c’est ici, pas sur l’écran ! Mais elle ne le sait pas encore. Elle n’ose pas ouvrir les yeux, craignant je ne sais quel monstre. Elle a 8 ans, c’est encore une enfant.

J’ai envie de passer mon bras autour de son épaule, de lui murmurer des paroles rassurantes, lui dire que je suis là. Je n’en ferai rien. Il lui faut d’abord me reconnaître. Alors seulement elle m’acceptera à nouveau dans son monde.

La foule s’évacue. Pas un regard sur cette enfant apeurée. Personne ne l’a jugée, personne ne s’est inquiété de son mal-être. Elle a bien entendu l’un ou l’autre commentaire, elle a peut-être pensé qu’ils lui étaient adressés. Mais il s’agit d’une foule anonyme qui bientôt aura disparu.

Je suis maintenant seul avec elle dans cette maudite salle. Elle ne me voit pas. Elle ressent ma présence, c’est certain, elle sait que je suis là. Les sens en alerte, elle sent la trace d’un parfum, elle entend mon souffle amplifié par le silence pesant de cette grande salle vide. Mais son imagination lui joue encore des tours. Mon parfum se fait odeur de souffre, mon souffle devient tempête. Elle est au milieu de l’enfer et ne sait pas comment s’en sortir.

Ouvre donc les yeux, Petite. Tu verras un sentier cheminant au milieu des flammes. Je le trace, il est pour toi. Avance prudemment. Pas après pas… Je continuerai à poser des planches devant toi, précédent ta progression pour que jamais tu ne mettes un pied de travers. Tu trébucheras, c’est certain. Mais je suis là, et 100 fois, 1000 fois je te relèverai. Jamais tu ne tomberas !

Ecarte les mains de ton visage, habitue tes yeux à la lumière. Elle est douce ici, tu auras le temps de t’y faire avant d’affronter le soleil du dehors. Viens, prends ma main et lève-toi.

Par Bandhi - Publié dans : Perso
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